Au plaisir des dames

Drôle d'idée d'écrire une page sur le clitoris... J'ai écrit à l'origine une réponse aux bêtises proférées par un scientifique à la mode il y a quelques années et qui écrivait dans un hebdomadaire que le plaisir se passe dans le cerveau (par libération d'endorphines), qu'il peut être provoqué par à peu près n'importe quel stimulus en fonction de l'histoire de chaque personne (ce n'est pas faux, mais... voir plus bas), et que le clitoris n'a finalement pas une grande importance (ah ?!?). Finalement, j'ai repris et complété cette réponse et en ai fait une page web, pour le cas où elle pourrait servir à quelqu'un... (Bon je sais, Google répertorie plus de 600 000 documents en français sur ce sujet, mais pourquoi ne pas ajouter le mien ?)

Cette page n'a pas pour objectif de faire le point sur ce vaste sujet, pour lequel existent de nombreux ouvrages parfaitement documentés. Elle est seulement destinée à promouvoir ce petit organe si important. Bien entendu, tout ce qu'on lit sur l'importance des préliminaires ou des caresses, ou la condition psychologique, est vrai. L'amour physique n'est pas seulement l'application d'une technique. Mais sans la technique adéquate, l'amour est voué à l'échec.

Cette page parle de la fréquente insatisfaction sexuelle féminine, dont nous verrons l'origine : ce n'est pas que les femmes sont peu douées pour l'amour, mais que nous baignons dans une culture occidentale foncièrement misogyne depuis des siècles, et qui ne se préoccupait que du plaisir masculin. La solution de ce problème est en fait assez simple : il faut se défaire des préjugés culturels et apprendre le fonctionnement érotique féminin. La position longtemps recommandée en Occident, celle du missionnaire, est sans doute la moins favorable au plaisir féminin. La femme ne fonctionne pas comme un homme, en creux. Le vagin, recevant le pénis et suffisant au plaisir masculin, n'est pas l'organe principal du plaisir féminin. C'est le clitoris qui joue ce rôle. Donner sa place à cet organe dans les rapports sexuels permet de procurer aux femmes le plaisir auquel elles ont droit.

Tout le monde sait que les relations de couple sont parfois difficiles, et qu'en particulier les rapports physiques sont source de problèmes. Parfois les femmes n'en tirent pas grande satisfaction. Nombreuses sont celles qui trouvent l'amour agréable, certes, mais sans atteindre les sommets attendus, et l'apaisement qui suit. Brassens assure dans une de ses chansons que 95 fois sur cent les femmes s'emmerdent en baisant (il était quand même un peu pessimiste...).

Mais voilà, c'est un sujet dont on parle peu ou pas du tout. On n'en parle pas beaucoup entre amis (ou amies), en famille, ni même entre amants. L'homme pense souvent que s'il n'a pas de problèmes d'érection et qu'il n'est pas éjaculateur précoce, on ne peut rien lui reprocher. Quant à la femme insatisfaite, généralement elle pense, parce que la culture occidentale le lui souffle, que c'est de sa faute à elle, si elle n'arrive pas facilement au plaisir. Bref, elle pense ne pas être douée pour cela... Elle est confortée dans cette idée par le fait que dans sa jeunesse, elle a peut-être pu essayer l'amour avec différents partenaires, et qu'aucun n'est arrivé à la faire jouir correctement. L'idée que tous étaient peut-être incompétents, en partie à cause de leur inexpérience, ne lui vient pas à l'esprit, c'est donc elle la fautive. Alors elle fait plaisir à son partenaire pour le garder, sans demander plus et se satisfait comme elle peut. Beaucoup d'hommes ignorent en fait si leur partenaire a vraiment du plaisir, celle-ci faisant souvent de la simulation par crainte de décevoir.

La culture occidentale avait naguère une explication simple du phénomène : certaines femmes seraient frigides (on n'emploie plus guère le mot, mais des périphrases qui reviennent au même). Des grandes enquêtes scientifiques ont été menées dans le passé pour mesurer le pourcentage de femmes qui ne ressentent pas de plaisir lors de l'acte sexuel, et il s'établissait à la moitié de cette population ou plus selon les pays et les époques. Selon certaines sources, il serait aujourd'hui de l'ordre de 30%, mais je n'ai pas connaissance d'enquête sérieuse depuis fort longtemps (et de nombreuses femmes n'osent vraisemblablement pas l'avouer, le plaisir est devenu un devoir).

Cette explication est simple, mais elle est fausse. En effet, les enquêtes établissent un indice d'insatisfaction, qui montre qu'une femme sur deux ou sur trois a des rapports sexuels insatisfaisants, ce qui est sans doute vrai (et peut-être même optimiste). De ce fait, on déduit quelque chose sur l'état anormal des femmes en question. Pourquoi pas de leurs partenaires ? Pourquoi, à la constatation d'un rapport insatisfaisant entre deux personnes, conclut-on que l'une de ces personnes est responsable et non pas l'autre ?

Imaginer que des femmes sont incapables de jouir est stupide (mis à part le cas malheureux des femmes excisées, ou des cas pathologiques). En effet, les femmes qui n'arrivent pas bien à l'orgasme avec un homme y arrivent très bien toutes seules, dans leur immense majorité. Qu'est-ce qui les empêche d'y arriver au moins aussi bien avec un homme ? Cette incapacité est une hypothèse d'autant plus curieuse que la femme a en réalité un potentiel érotique supérieur à celui de l'homme : de nombreuses femmes peuvent avoir plusieurs orgasmes successifs, après quelques minutes de récupération.

En réalité, l'impossibilité de ressentir du plaisir, si elle existe, ne doit concerner qu'un tout petit pourcentage de femmes, pas la majorité ou la moitié d'entre elles. La quasi totalité des femmes peut atteindre l'orgasme avec un homme, pourvu que le couple s'y prenne de façon à respecter la sexualité féminine. Encore faut-il la connaître ! Curieusement, dans cette société où presque tous les hommes s'intéressent aux moindres détails du fonctionnement et des performances des voitures, des ordinateurs, ou des équipes de foot, assez peu s'intéressent au fonctionnement de la sexualité féminine. Ils bichonnent leurs voitures plus que leurs femmes ! Encore plus bizarrement, les femmes elles-même n'ont pas l'air de s'y intéresser beaucoup plus, alors qu'elles passent des heures à s'informer des dernières modes, recettes ou potins. Elles laissent, tout-à-fait à tort, ce soin à leurs partenaires et leur font confiance. Mais les hommes atteignent généralement, eux, l'orgasme sans problème. Ils se sentent plus ou moins concernés par le problème de leur partenaire, quand ils ne l'ignorent pas tout simplement, et ne savent de toute façon pas trop quoi y faire. C'est donc bien les femmes qui doivent s'informer et exiger qu'on respecte les modalités de leur sexualité. Mais ce texte, écrit par un homme, s'adresse autant aux hommes qui voudront bien le lire, bien sûr. Les jeunes générations ont l'air d'avoir quand même fait des progrès, et beaucoup d'hommes jeunes souhaitent donner du plaisir à leur partenaire, ce dont leurs pères se désintéressaient. Les femmes, quant à elles, ne devraient plus trouver normal de ne pas avoir de plaisir, et ne devraient pas s'y résigner comme leurs mères, ni encore moins culpabiliser.

Une culture misogyne

Plusieurs raisons expliquent l'insatisfaction féminine :

Dans la vision de l'homme fruste, encore largement répandue, la femme n'est qu'un réceptacle destiné à assouvir ses besoins sexuels, y compris par la force. Inutile de dire que dans cette optique, la femme n'est qu'un objet et que ses désirs ou plaisirs ne comptent pas.

Pour les autres hommes, la culture occidentale véhicule des stéréotypes erronés sur les façons de faire l'amour. Selon le modèle culturel dominant, la femme est passive, et une attitude passive avec un amant suffisamment ardent devrait suffire à lui assurer la jouissance. C'est tout-à-fait faux.

L'orgasme féminin est plus complexe que le masculin, et ne suit pas les mêmes cheminements. Si bien que les hommes ne peuvent le connaître instinctivement, ou le comprendre par l'intuition. Ils doivent donc faire l'effort d'apprendre comment fonctionnent les femmes. Malheureusement l'éducation sexuelle au collège est faite généralement sous un angle biologique et médical ; on n'y apprend pas ou peu le fonctionnement érotique et le plaisir. Voilà pourtant un enseignement qui serait plus passionnant que les inversions de matrices, mais est très rarement pratiqué dans notre société qui a manifesté pendant des siècles une véritable haine du plaisir, et ne le tolère aujourd'hui que s'il rapporte de l'argent. Cette société fait donc des films X pour un public de machos frustrés et les jeunes générations apprennent à faire l'amour en visionnant ces films, ce qui est la pire des formations. Ces films donnent généralement à voir des rapports sexuels dénués de toute composante affective, faits dans un climat de violence, réalisés par des partenaires au comportement dénué de toute réalité, mais faisant office de modèle pour leurs jeunes spectateurs.

La composante érotique de la sexualité a été longtemps, et reste parfois, un tabou. On en parle peu, sauf au médecin ou psychanalyste. Malheureusement, les médecins n'ont aucune formation dans ce domaine, les psychanalystes et même des sexologues ont une tendance exagérée à mettre les problèmes sur le compte de la psychologie.

La masturbation a été fortement réprimée ou découragée pendant des lustres, pour des raisons religieuses ou sous des prétextes médicaux fallacieux. Pourtant la masturbation permet aux enfants de faire l'apprentissage du plaisir sexuel. On ne l'interdit plus aux enfants aujourd'hui, mais elle reste encore souvent dévalorisée comme activité infantile, indigne d'un adulte. Cette conception dévalorise par ricochet le clitoris, considéré comme servant essentiellement à cet usage, alors qu'il est souvent indispensable au plaisir féminin adulte, comme on va le voir.

À l'époque où on ne parlait pas du tout de sexualité, et où la masturbation était bannie, on ne parlait pas du clitoris, qui n'a aucun rôle dans la fonction reproductrice (le clitoris ne sert à rien d'autre qu'à procurer du plaisir à sa propriétaire, il ne sert ni à en donner à l'homme, ni à la reproduction). L'existence même en était ignorée d'une bonne partie de la population masculine (aujourd'hui encore, pour nombre d'hommes un sexe de femme est « un trou avec du poil autour »). Pour les autres, ce n'était qu'un organe caché, mystérieux et embarrassant, négligeable. La partie éduquée de la population suivait l'avis de la médecine de l'époque qui estimait cet organe inutile sinon diabolique. Toute la culture occidentale réprime le sexe en général et le sexe féminin en particulier dans le non-dit. Les peintres et les sculpteurs l'omettent de leurs oeuvres depuis deux mille ans. Les photos des revues pornographiques étaient retouchées il n'y a pas si longtemps pour en effacer les petites lèvres, et même les gravures des livres médicaux étaient fausses ! Le clitoris est représenté dans les livres de spécialistes deux fois plus petit que dans la réalité, selon un article du docteur Helen O'Connell de 1998. Un manuel de SVT de collège montre encore en 2002 des schémas en coupe des organes génitaux des deux sexes, et si les éléments principaux sont dessinés et nommés, le clitoris ne figure pas du tout ! (un autre tour de force permet au même manuel de parler de la reproduction en quinze pages, sans mentionner le rapport sexuel !) Quant aux magazines ou journaux, ils ne parlent du clitoris que depuis que les excisions font scandale, et n'en parlent jamais hors de ce contexte. Pourtant si cet organe est peu visible, il n'est pas si minuscule qu'on l'imagine souvent. Il est constitué de deux corps caverneux attachés à l'os du pubis et se réunissant en une tige terminée par le gland. Seul le gland de quelques millimètres est visible quand on retrousse le capuchon qui le couvre normalement, mais la tige qu'on sent rouler sous le doigt fait dans les deux centimètres et le corps plusieurs centimètres. Mais c'est bien le gland qui est particulièrement sensible. Dans la plupart des cas, quand on parle de clitoris, on parle en fait du gland ou de la tige de celui-ci. Dans la suite de cette page, j'emploierai le terme clitoris dans le sens courant, désignant en fait le gland.

Freud et l'école psychanalytique ont permis de faire sortir la sexualité du domaine du non-dit et du réprimé. Il est devenu possible d'en parler et de l'étudier. Mais l'école freudienne a imaginé des théories délirantes sur la sexualité, particulièrement celle des femmes (complexe de castration, phase phallique...)[1]. Freud partageait tous les préjugés misogynes de son époque, et pour lui la femme est fondamentalement un être imparfait (l'idéal étant l'homme). Il assimile le clitoris à un reliquat d'organe masculin, donc gênant et superflu. Une psychanalyste, Marie Bonaparte, a été jusqu'à préconiser en plein vingtième siècle l'excision pour empêcher l'utilisation du clitoris par les femmes, considérée par elle comme pathologique (ce n'était pas nouveau, au milieu du XIX. siècle, des médecins ont préconisé et pratiqué la même opération pour éviter des maladies mentales, en la présentant comme aussi inoffensive que l'ablation des amygdales). Les fondateurs de la psychanalyse ont établi une scission entre les deux zones érogènes féminines, faisant une nette différence entre orgasme clitoridien et orgasme vaginal. Selon cette vision, l'orgasme clitoridien serait celui de la masturbation, celui des petites filles, indigne d'une adulte, et l'orgasme vaginal serait le vrai orgasme féminin. Malheureusement les délires de Freud ont fortement influencé la culture occidentale, qui en garde la trace encore aujourd'hui.

Certains scientifiques modernes expliquent le plaisir par la libération de substances chimiques dans le cerveau. Le cerveau est pour eux l'organe sexuel par excellence, le reste du corps n'est qu'accessoire : l'orgasme peut s'obtenir de mille moyens, avec des fantasmes, des drogues, ou même n'importe quelle partie du corps, etc. Curieusement, la plupart des gens s'obstinent à ne pas obéir à ces théories scientifiques, il s'obstinent à chercher le plaisir par des comportements archaïques et naturels déjà connus de Cro-Magnon, et se pratiquant sous la ceinture. Ils ne se contentent pas des fantasmes, ni des drogues, et passent une bonne partie de leur temps à essayer de se procurer une classique bonne baise. En fait, cette théorie scientifique n'est qu'une conceptualisation, remise au goût du jour, du vieux mépris pour la femme. Car, si elle semble à l'opposé des explications freudiennes, elle arrive aux mêmes résultats ; la conséquence de ces théories, c'est toujours : Le cerveau est le maître, mesdames, si vous avez des problèmes avec l'orgasme, c'est que votre tête est malade ! Quant à votre sexe, il n'a pas de réelle importance. Le cerveau est certes le maître, mais sans stimulation corporelle adéquate, il sera comme un chef d'orchestre sans instrumentistes ni solistes, et la musique risque d'être fade.

De fausses explications, d'ordre psychologique ou pseudo-biologique, sont ainsi avancées par les machistes en tout genre pour expliquer la prétendue frigidité et éloigner tout risque de leur propre mise en cause. Ce sont les femmes qui sont culpabilisées, accusées de faire des blocages psychologiques, de ne pas être « libérées » ou d'être peu douées.

La mise en accusation des victimes est un statagème qui marche bien. Les femmes elles-mêmes ont intégré le schéma de pensée masculin, la passivité et la culpabilité, si bien que même les féministes n'ont pas fait du plaisir féminin une de leurs exigences. Comme dit plus haut, c'est une femme qui a proposé de pratiquer l'excision médicale (je ne sais pas si cela a été pratiqué).

Le fonctionnement érotique féminin

Le plaisir masculin s'obtient d'une manière simple et connue de tous : un mouvement de va et vient autour du pénis en érection suffit, presque toujours, à amener à l'éjaculation et à l'orgasme. Des raffinements sont possibles et agréables, mais le mouvement de base suffit. L'homme macho se plait donc à croire, et toute la culture occidentale avec lui, que le fonctionnement de la femme devrait être le même, en creux : un mouvement de va et vient dans le vagin, poursuivi suffisamment longtemps, devrait faire parvenir la femme à l'orgasme (sinon, elle était déclarée frigide).

Or, cette conception est fausse. Masters et Johnson ont montré, expériences à l'appui, que pour la plupart des femmes, un mouvement de va et vient dans le vagin, à lui seul, ne conduit pas à l'orgasme, même poursuivi pendant une longue durée (une heure et plus !).

La sexualité féminine, outre le fait qu'elle nécessite une mise en condition psychologique bien plus longue que celle que l'homme, est axée sur deux pôles, le clitoris et le vagin, contrairement à celle de l'homme qui n'en a qu'un, le pénis. L'orgasme féminin exige, dans presque tous les cas, une stimulation du clitoris, alors que la participation du vagin est accessoire. Et c'est malheureusement ce qu'ignorent nombre de couples, qui s'imaginent au contraire que le premier ne sert qu'à la masturbation, et que le deuxième suffit au coït. La raison de la prééminence du clitoris est simple : son gland est très fortement innervé, alors que le vagin l'est peu (car il doit subir des tensions extrêmes lors de l'accouchement). Le point G, situé dans le vagin, et dont l'existence est controversée, ne permet pas à lui seul une excitation suffisante pour produire un orgasme.

La distinction freudienne entre les deux types d'orgasmes peut se discuter, mais elle a engendré dans la culture occidentale une conception erronée. De nombreuses personnes des deux sexes pensent que l'orgasme clitoridien est consécutif à l'excitation du clitoris, et le vaginal consécutif à celle du seul vagin. Or chez la majorité des femmes l'excitation du vagin seul ne mène pas à l'orgasme. En fait, l'orgasme est à dominante clitoridienne ou vaginale (ou autre), ce qui signifie qu'il est ressenti plutôt dans une zone du corps ou l'autre, mais l'orgasme dit vaginal nécessite généralement l'excitation et la participation du clitoris en plus de celle du vagin. Cet organe est prévu par la nature pour mettre en appétit le vagin. Après cette mise en route, le vagin réclame son dû. Cependant les femmes sont très différentes les unes des autres dans leurs comportements et réactions, certaines, minoritaires, peuvent s'en passer.

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, le pénis ne peut presque rien faire au clitoris, sauf le titiller avant la pénétration. Certains s'imaginent que le mouvement de la verge dans le vagin suffit à l'exciter, mais c'est faux pour la plupart des femmes. Le clitoris est trop loin de l'ouverture du vagin, et n'est pas en contact avec le pénis (contrairement à ce qui se passe chez les autres mammifères). Certains auteurs prétendent que le clitoris est excité par les mouvements du pénis transmis par les petites lèvres, mais c'est une hypothèse très contestée (il a besoin d'une pression certes douce, mais néanmoins franche). Certaines femmes peuvent exciter voluptueusement leur clitoris pendant le coït en le frottant contre le pubis de leur partenaire. Mais cela n'est possible que dans les rares positions où la femme est maître de ses mouvements (accroupie sur l'homme allongé sur le dos par exemple - cette position doit être essayée). Dans la plupart des cas, le clitoris a besoin d'une excitation par contact externe. L'homme doit donc s'en occuper directement, avec le doigt ou la bouche, sans négliger le recours éventuel à un vibromasseur. Et c'est la femme qui doit lui apprendre comment faire.

En pratique

En règle générale, après des préliminaires suffisamment longs, l'homme devrait donc titiller ou caresser le clitoris de sa partenaire (et tout ce qui l'entoure) avant l'intromission. C'est le doigt qui est le plus souvent utilisé pour ces caresses. C'est le moyen le plus simple et efficace, utilisable à tout moment, une fois l'apprentissage fait. L'homme peut amener sa partenaire à l'orgasme avant la pénétration, et lui faire connaître ensuite un orgasme vaginal (ou plusieurs). Il peut aussi la pénétrer et continuer à exciter son petit bouton avec le doigt. L'homme comble alors les deux centres érotiques principaux de la femme, le pénis dans le vagin et un doigt sur le clitoris ; il lui reste encore une main et une bouche pour s'occuper de la poitrine et du reste.

La bouche et la langue sont aussi utilisables en préliminaire : c'est le cunnilinctus (ou cunnilingus), aussi appelé par des appellations imagées, broute gazon, suce la chatte, lèche minou... Le cunnilinctus est très apprécié par la plupart des femmes. Elles n'osent parfois pas le demander, de peur de rebuter leur partenaire. Mais elles ont tort, le spectacle d'un sexe féminin vu de près est un des plus beaux que puisse contempler un homme, son exploration est une des plus enivrantes, et la plupart des hommes qui y ont goûté adorent faire ça. Les techniques pour ce faire ne sont pas l'objet de ce texte, elles sont décrites dans tout manuel d'éducation sexuelle (et des sites Web, voir les références en bas de page). Les photos pornos qui s'adressent surtout aux hommes, montrent à l'envi des fellations, mais presque jamais des cunnilinctus. Pourquoi ce sexisme, pourquoi les femmes n'auraient-elles pas elles aussi droit à des petites gâteries ?

L'excitation du clitoris n'est pas innée pour l'homme, il doit apprendre à s'en servir, et doit s'entraîner. On n'apprend pas à conduire une voiture ni à jouer d'un instrument de musique en un jour, n'est-ce pas ? Eh bien, il faut aussi apprendre à conduire les femmes au plaisir. La lecture d'un manuel peut permettre de saisir les bases de la technique, mais ensuite il faut passer à l'exploration et aux travaux pratiques. L'homme a un instructeur expert à sa disposition, sa partenaire, autant en profiter. Le clitoris est particulièrement sensible, et doit être manipulé avec la plus extrême précaution, après une approche patiente et une mise en condition. Il est le plus souvent titillé indirectement par l'intermédiaire du capuchon ou prépuce (la jointure des petites lèvres qui le recouvre), mais aussi parfois délicatement sur le gland. Le mouvement est aussi sensiblement différent de celui de la masturbation masculine. La femme doit donc instruire son partenaire le cas échéant, en lui montrant comment faire. Elle peut lui montrer comment elle fait, elle. Elle peut aussi lui enseigner en lui prenant la main et le doigt, et lui indiquer les mouvements qui lui plaisent le mieux. Chaque femme a ses préférences, mais généralement de légers mouvements de va et vient ou de rotation ininterrompus avec la pulpe d'un ou deux doigts sont indiqués. Le mouvement doit conserver un rythme constant et doit être poursuivi pendant l'orgasme. La langue permet une plus grande variété de mouvements et une plus grande délicatesse que le doigt, et laisse les mains libres pour d'autres occupations.

La position du missionnaire a été privilégiée en Occident car elle semble distinguer l'homme de l'animal (mais le chimpanzé pygmée ou bonobo la pratique aussi occasionnellement). Cette position a même été la seule autorisée par l'Église pendant longtemps. Elle permet à la femme de voir son partenaire. Mais elle rend la vulve quasiment inaccessible à la main de l'homme (et même à celle de la femme). Seule une civilisation résolument misogyne peut préconiser en toute circonstance une telle position, qui ne devrait être employée que comme amusement, pas pour jouir. La position naturelle du rapport sexuel, d'après la conformation des organes, n'est pas la position du missionnaire, c'est celle où l'homme pénètre la femme par derrière, tout comme l'immense majorité des mammifères et des vertébrés. La position de la levrette où la femme est à quatre pattes est excitante mais assez peu pratique, et des variantes allongées sont moins fatigantes ou plus confortables. Dans toutes les positions, nombreuses, où l'homme est derrière la femme, toute sa face antérieure est accessible aux caresses. Une position commode est celle où l'homme est allongé sur le flanc, tourné vers sa partenaire, les jambes légèrement repliées, et la femme allongée sur le dos, jambes légèrement écartées et passées par dessus celles de l'homme. Dans cette position, les amants peuvent se voir et s'embrasser, et l'intromission est aisée. Une autre position trsè favorable aux caresses génitales est celle dite des petites cuillères (les deux amants couchés sur le flanc, l'homme dans le dos de la femme).

La femme ne peut se contenter d'une attitude passive. Elle ne devrait pas se contenter d'attendre que le plaisir vienne, mais aller le chercher (les rares femmes qui ne connaissent pas la masturbation doivent naturellement commencer par là). Elle doit guider si nécessaire son partenaire pour lui indiquer le chemin de son plaisir à elle. Généralement, l'homme peut patienter sur le chemin de l'orgasme (ce qu'on nomme la phase en plateau), il peut le différer, et l'atteindre presque à volonté. Contrairement à la danse, en amour, la femme peut diriger, par des demandes ou des incitations claires. L'homme devrait agir en fonction de sa partenaire, et attendre qu'elle arrive à l'orgasme pour s'y engager lui aussi. Après quelques mises au point, l'homme peut sentir les réactions de sa partenaire, et arriver à l'orgasme en même temps qu'elle ou juste après, presque à chaque fois.

Notes

[1] Freud est souvent considéré comme une référence sérieuse concernant l'étude de l'homme et de la sexualité. Il est enseigné à l'université, ses théories figurent en bonne place dans les encyclopédies, etc. Mais il faut savoir que la plupart des scientifiques considèrent que ses théories (et celles de ses successeurs) ne sont pas du domaine de la science, malgré les prétentions de leurs auteurs. Nombreux sont ceux qui considèrent que c'est simplement, au mieux un discours reflétant l'imagination de leur auteur, au pire une escroquerie (voir ce site sur la psychanalyse).

Références

La fonction érotique Dr Gérard Zwang, éd. R. Laffont. Une référence. Ce livre ne semble plus réédité, mais est consultable dans les grandes bibliothèques. De nombreux autres ouvrages de G. Zwang sont disponibles (mais je ne les ai pas lus).

La sexualité féminine par l'anneau des ressources francophones de l'éducation. Complet.

Le cunnilinctus

The-clitoris.com Comme son nom l'indique ! Le site le plus complet sur la sexualité féminine (en anglais, de nombreuses pages traduites en français avec malheureusement des erreurs de traduction)

Etmoi Un site sur l'éjaculation précoce, contenant aussi de nombreuses informations sur la sexualité.

La FAQ (Foire aux questions) sur le cunnilinctus (en anglais)

Site francophone avec forum sur la sexualité

Forum canadien francophone sur la sexualité



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Dernière modification: 23/06/2005